Remontez les plongeurs, rappelez les hélicos, stoppez les maraudes: On est vivants!
.. enfin a peu près…
On vous avait laissés il y a plus d’un mois déjà sur une dernière note de Thaïlande déjà empreinte de nostalgie, et depuis, on a coupé les communications, couic! Silence radio! On vous a bassement laissés, je le remarque honteusement maintenant, dans l’angoisse d’une disparition de vos deux backpackeurs favoris en plein triangle d’or ou en pleine steppe mongole, en proie au dénuement le plus total, obligés de chasser leur subsistance et de troquer leur bibeloterie thaïlandaise, qui vous revenait d’ailleurs de droit, contre un abris sûrement précaire.
Mais voila, la réalité les amis, c’est que malgré nos prières soutenues, on n’a malheureusement pas disparu. On est même globalement sains et sauf. On n’a pas eu la chance d’un retard d’avion au retour ou d’une grève d’aéroport à l’arrivée. Rien! Nada!
Alors qu’est-on devenu ?

Ben c’est simple: deux parisiens lambda! Exactement comme avant et comme tous les autres, ceux qui bougonnent dans le métro et dont on cherche tous à se démarquer en vain. On a eu une semaine de répit (chez Sésé et Meryl, merci 
encore les potos!) pour trouver le bel appart (un grand bravo à Camille-immo !) qu’on occupe maintenant avec nos envahissants amis « cartons IKEA ». Et tout de suite après pour moi et un peu plus tard pour Marie, on a repris par nécessité la route des « grand temples de pierre grises où hommes blancs pas contents », on appelle aussi ca « le boulot » ou « le taf » je crois.

De
puis on s’est facilement remis sur les rails. Comme si de rien, c‘en est presque frustrant. On retrouve la famille, les collègues, les amis . On fait connaissance avec tous les petits bouts de chou qui sont apparus ou qui ont grandi pendant notre absence. On fait aussi copain-copain avec Darty, on se ré-équipe en meubles et électromenager (big up pour Olivier!). Notre régime alimentaire se résume à ce que la France a de plus gras.
Et puis les questions fusent de toutes parts. Avec une belle performance de l’implacable et inrépondable « Vous avez préféré quoi? », suivi de près par » Alors, ce voyage? » ou le très spirituel « C’était bien? ». Nous, gentils comme on est, on répond.
Est-on devenu trop différent? Peut-on se réintégrer? Oui oui, je vous rassure. C’est même édifiant la vitesse à laquelle notre corps se remémore sa vie d’avant : on s’est remis à porter des chaussettes comme si c’était hier, notre bouche recommence avec une pertinence étonnante à sortir sans même nous consulter des « je suis charrette sur le reporting », des « je te reviens asap », ou des » on se confcall sur le dernier debrief? ». Il y a aussi la justesse de nos si typiques calculs de métro parisiens « tu veux allez place de Clichy? c’est simple tu prend le ‘RerA’ jusque la ‘grande arche‘, apres la ‘une’ jusque l’Etoile et après la ‘deux‘. Facile »…
Ouai, facile…
Bref, une incroyable contradiction nous habite : celle d’être emplis d’expériences indicibles qui nous ont changés à jamais, tout en se surprenant à enchainer les gestes et habitudes de notre existence précédente sans même avoir besoin de rééducation.
Mais on a beau avoir l’enveloppe corporelle tout a fait banale se fondant au paysage, on cache quelquechose… on sait que dans nos cerveaux se terre une petite case à l’abris des intrus, où chantent nos amis papous, où dansent nos copains népalais et rient nos potes birmans. On l’ouvrira de temps à autres pour en faire sortir et partager quelques vidéos et photos sur lesquelles on a hâte de plancher.
En attendant ces revivals qui nous effrayent déjà, restez connectés!