Nous, oui!

En même temps, y’avait pas de raison qu’on soit les seuls a subir cet état de manque qu’on se transbahutait copieusement depuis des lustres, depuis le 19 février 2010 à 8 heures du matin environ !

Alors voilà, c’est tant pis pour vous, avec cette vidéo vous allez vous plonger dans nos cerveaux de réhabilités forcés. Vous comprendrez ce qui nous traverse l’encéphale dans le métro parisien quand nos esprits, par reflexe de conservation, se mettent en pilote automatique.

C’est la première partie d’un résumé lapidaire d’un voyage d’un an. La partie 2 suivra évidemment mais quand… alors là…

Arrêtez les recherches!


mars 27th, 2010

Remontez les plongeurs, rappelez les hélicos, stoppez les maraudes: On est vivants!

.. enfin a peu près…

On vous avait laissés il y a plus d’un mois déjà sur une dernière note de Thaïlande déjà empreinte de nostalgie, et depuis, on a coupé les communications, couic! Silence radio! On vous a bassement laissés, je le remarque honteusement maintenant, dans l’angoisse d’une disparition de vos deux backpackeurs favoris en plein triangle d’or ou en pleine steppe mongole, en proie au dénuement le plus total, obligés de chasser leur subsistance et de troquer leur bibeloterie thaïlandaise, qui vous revenait d’ailleurs de droit, contre un abris sûrement précaire.

Mais voila, la réalité les amis, c’est que malgré nos prières soutenues, on n’a malheureusement pas disparu. On est même globalement sains et sauf. On n’a pas eu la chance d’un retard d’avion au retour ou d’une grève d’aéroport à l’arrivée. Rien! Nada!

Alors qu’est-on devenu ?

P1140727P1140736Ben c’est simple: deux parisiens lambda! Exactement comme avant et comme tous les autres, ceux qui bougonnent dans le métro et dont on cherche tous à se démarquer en vain. On a eu une semaine de répit (chez Sésé et Meryl, merci P1140752P1140766encore les potos!) pour trouver le bel appart (un grand bravo à Camille-immo !) qu’on occupe maintenant avec nos envahissants amis « cartons IKEA ». Et tout de suite après pour moi et un peu plus tard pour Marie, on a repris par nécessité la route des « grand temples de pierre grises où hommes blancs pas contents », on appelle aussi ca « le boulot » ou « le taf » je crois.

P1140653P1140782DeP1140618puis on s’est facilement remis sur les rails. Comme si de rien, c‘en est presque frustrant. On retrouve la famille, les collègues, les amis . On fait connaissance avec tous les petits bouts de chou qui sont apparus ou qui ont grandi pendant notre absence. On fait aussi copain-copain avec Darty, on se ré-équipe en meubles et électromenager (big up pour Olivier!). Notre régime alimentaire se résume à ce que la France a de plus gras.

Et puis les questions fusent de toutes parts. Avec une belle performance de l’implacable et inrépondable « Vous avez préféré quoi? », suivi de près par  » Alors, ce voyage? » ou le très spirituel « C’était bien? ». Nous, gentils comme on est, on répond.

Est-on devenu trop différent? Peut-on se réintégrer? Oui oui, je vous rassure. C’est même édifiant la vitesse à laquelle notre corps se remémore sa vie d’avant : on s’est remis à porter des chaussettes comme si c’était hier, notre bouche recommence avec une pertinence étonnante à sortir sans même nous consulter des « je suis charrette sur le reporting », des « je te reviens asap », ou des  » on se confcall sur le dernier debrief? ». Il y a aussi la justesse de nos si typiques calculs de métro parisiens « tu veux allez place de Clichy? c’est simple tu prend le ‘RerA’ jusque la ‘grande arche‘, apres la ‘une’ jusque l’Etoile et après la ‘deux‘. Facile »…

Ouai, facile…

Bref, une incroyable contradiction nous habite : celle d’être emplis d’expériences indicibles qui nous ont changés à jamais, tout en se surprenant à enchainer les gestes et habitudes de notre existence précédente sans même avoir besoin de rééducation.

Mais on a beau avoir l’enveloppe corporelle tout a fait banale se fondant au paysage, on cache quelquechose… on sait que dans nos cerveaux se terre une petite case à l’abris des intrus, où chantent nos amis papous, où dansent nos copains népalais et rient nos potes birmans. On l’ouvrira de temps à autres pour en faire sortir et partager quelques vidéos et photos sur lesquelles on a hâte de plancher.

En attendant ces revivals qui nous effrayent déjà, restez connectés!

A 3 heures de l’ultime vol de la British qui nous ramènera en Europe, on fait un peu le chemin à l’envers et on se dit que oui, on en aura bien rêvé.

Sans y croire un seul instant d’abord. Et puis le projet s’est concrétisé, petit à petit.

Au début, on se met à méditer naïvement, se projetant mentalement dans des images « cartes postales » qui nous font fantasmer depuis l’enfance (les steppes de Mongolie, les moais de l’île de Pâques, les hauts plateaux de Bolivie, les tribus reculées de Papouasie, les temples hindous d’une Inde mystérieuse, etc…). Les semaines passent et on continue en s’amusant innocemment à calculer des budgets, des durées possibles pour tel ou tel pays, des itinéraires idéaux mais irréalistes comptant forcément 10 000 destinations. On fait cela comme ca, juste pour rire bien sûr…

Et puis vient un jour précis où l’évidence se fait criante et l’on ne peut plus reculer: il vous faudra partir ou le regretter chaque jour de votre vie.

Alors on l’a fait. On a largué les amarres. Sans but réel, sans expérience, sans savoir à quoi s’attendre. Juste pour l’avoir fait. c’était il y a un an. Depuis, on a vécu une seconde vie, en accéléré. Nous étions timides et naïfs les premiers mois, puis matures et plus à l’aise ensuite et enfin, depuis quelques semaines, nostalgiques et tournés vers le chemin accompli. On se dit qu’on a su mué lentement mais sûrement du statut de touriste à celui de « routards », de voyageurs longue-durée que j’espère plus ouvert, plus posé, plus à-même à regarder le monde.

Et maintenant, déjà sur le retour d’une aventure dont je ne vous rappellerai pas les nombreux épisodes, que reste t-il de tout ca?

He bien Il y a, pêle-mêle, le gratifiant sentiment de devoir accompli, celui de plénitude apaisante, le plaisir d’avoir échangé ave tant de cultures si différentes, La richesse inouïe d’avoir côtoyé l’humble pêcheur papou, l’honneur d’avoir pu partagé un moment sincère avec le simple maraîcher birman. Le souvenir délicieux des rencontres enthousiastes avec d’autres voyageurs. La joie et la satisfaction d’avoir creusé tant que possible à la recherche de l’authentique et d’avoir toujours récolté bien plus qu’on ne l’avait soupçonné. Le réconfort bien sûr, d’avoir été suivis et soutenus par tant de proches. On aura aussi développé une conscience plus fine et plus concrète des défis écologiques et politiques de notre vaste planète, dont notre univers occidental ne représente à peine que 10%. Il y a aussi le rappel apaisant que la majorité de l’humanité vit encore sur les principes d’entraide et de confiance. On aura acquis la conviction que le bonheur ne vaut que s’il est partagé, que l’homme loin du tourisme de masse est originellement bon, la preuve que la générosité n’attend pas la richesse …

… Et puis soyons honnêtes, malgré tous les textes et toutes les photos de la terre, on présage déjà qu’il y aura toujours dans nos esprits l’écrasante frustration de ne pouvoir décrire que très grossièrement l’introspection inhérente à ce voyage et l’enrichissement individuel, idéologique, culturel et humain que cette aventure nous a légué.

Bref, beaucoup d’émotions distinctes dont l’enchevêtrement forme un sac bien rempli que on espère porter pendant encore longtemps.

Merci a vous tous de nous avoir suivis.

Voyagez. Longtemps.last

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